
La Moutonne Noire (amatus apoliticus) n’est pas une nouvelle sorte de bière artisanale en compétition. Elle est plutôt sortie toute seule sans rouspéter d’un bel œuf préhistorique caché dans le lit du fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Trois-Pistoles. Oiselle née peu oisive en hommage à la liberté seulement très grande et irrépressible, aux ailes franchement ouvertes, au bec bien acéré et à la mâchoire très parlante (et criante selon les imbéciles), aux mots doucement irascibles. J’ai rencontré ce rare oiseau-rire au repos dans une boîte à bois, à la lecture recyclée du journal rimouskois le Mouton noir, l’été où partout on coupait toujours les arbres pour chasser les orignaux de leur cuisine. Sa créatrice naturelle, qui est une femme d’art, ne se gêne pas pour récupérer nos mal-bûches d’épinette de toute plume. Et avec ses outils tranchants et ses pinceaux en faire des êtres de liberté, sans la merde politicienne qui peuple encore nos médias forestiers déplorables. C’est un oiseau coloré et increvable, au vol sidéral et mécréant, tout simplement en liberté volatile, en volatile liberté. Le vent est son chemin, le ciel le seul livre qu’elle écrit sans fausses notes ; de la bonne musique, comme le silence des arbres.
Luc Fournier, 30 septembre 2008
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire